Médicaments, vaccins, tests de dépistage et autres dispositifs d’injection illicites représentent désormais entre 20 et 60 % du marché officiel de la zone sahélienne, comme le décrypte en détail le rapport intitulé "Le trafic illicite de produits médicaux en Afrique de l’Ouest’ publié en août dernier sous l’égide de la CEDEAO’’.
La révélation est faite par Aké Lazare Abé directeur de l’Institut de sécurité maritime interrégional (ISMI) , à l'occasion de la cérémonie de clôture du séminaire de formation sur des acteurs portuaires de la sous-région qui s’est tenu à Abidjan du 16 au 20 octobre 2023.
En 2019, rappelle Aké Lazare Abé, la vente de ces produits illicites atteignait déjà le milliard de dollars (exactement 935 millions d’euros), selon l’ONUDC, une valeur supérieure à celles générées par les trafics de pétrole brut et de cocaïne.
‘’Selon Interpol cité par le rapport de la CEDEAO, l’Inde et la Chine sont les principaux pays d’origine des produits médicaux licites et illicites que l’on trouve en Afrique de l’Ouest. La plupart de ces produits sont importés par voie maritime et acheminés vers les principaux ports de Conakry (Guinée), Tema (Ghana), Lomé (Togo), Cotonou (Bénin) et Apapa (Nigeria).
Le trafic de médicament représente entre 20 et 60 % du marché officiel de la zone sahélienne
Toute la zone des Accords de Yaoundé est concernée’’, soutient le directeur de l’ISMI, non sans souligner que presque tout est importé à travers des conteneurs qui passent dans nos ports respectifs. Pour lutter contre ce trafic néfaste qui tue chaque année des milliers de personnes (entre 100 000 et 5 000 000), mais aussi contre tous les autres types de trafics, l’ISMI, la coopération française et les États partenaires misent sur la formation et le renforcement du contrôle des conteneurs.