"Abdoulaye Kane vivait en Espagne depuis 20 ans. Il a toujours été en règle. Il n’a jamais eu de problème avec qui que ce soit. C'était un homme calme. Je ne comprends pas pourquoi ces personnes s’en sont prises à lui', confie son frère Mamadou Kane à L'OBS. Sa mort tragique qui attriste autant qu’elle suscite l’indignation dans la famille établie à Ziguinchor. Selon les premiers éléments de l’enquête, par sept individus encagoulés, le défunt a été retrouvé à son lieu de travail, baignant dans son sang.
A. Kane a quitté le Sénégal à l'âge de 18 ans
Daouda Djiba, inconsolable, venu pleurer son ami d’enfance avec qui il a cheminé une vingtaine d’années témoigne : « Il était très ambitieux. Il a quitté le Sénégal à l’âge de 18 ans pour rejoindre l’Espagne. Un combattant qui se souciait toujours du bien-être de sa famille et de ses proches. Il aimait et respectait sa famille, surtout ses parents ».
Il devait passer les fêtes de Korité au Sénégal
Pourtant, la veille, il avait longuement échangé avec Mamadou, son jeune frère. Il lui promettait alors de faire le déplacement à Ziguinchor pour les prochaines fêtes. Frère et soutien de famille, Abdoulaye était aussi époux et père de deux enfants. L’un, né il y a 8 ans, a eu l’occasion de rencontrer son papa lors de vacances. Le dernier, âgé de moins de deux ans, ne connaîtra jamais cette chance.
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La famille demande le rapatriement de la dépouille
En attendant de savoir les circonstances exactes de sa mort, la famille Kane n’a désormais qu’une doléance : récupérer sa dépouille. L’ami du défunt qui suit l’affaire depuis Murcia (Espagne), n’en sait pas plus pour le moment. « La police m’a appelé le lendemain du crime pour me dire que Abdoulaye avait été criblé de balles par sept personnes encagoulées. Et ça s’arrête là. C’est tout ce que la police détient jusqu’à présent comme information sur ce meurtre. Jusqu’à l’heure où je vous parle, je n’ai pas vu son corps. Il est toujours entre les mains des autorités espagnoles », dit Fallou Dramé qui vivait avec Abdoulaye depuis 2006.
La famille veut bien sûr connaitre le fin mot de ce meurtre. « Nous voulons savoir pourquoi il a été tué ». Mais pour le frère, le plus urgent reste désormais le rapatriement de la dépouille. « Que l’État du Sénégal nous aide au moins à récupérer le corps et après, l’Espagne pourra continuer son enquête. Pour l’instant, l’urgence c’est de vraiment récupérer le corps et de l’inhumer », implore Mamadou, un frère désemparé.