L'’Assemblée nationale du Sénégal se réunit ce mercredi 2 avril 2025 en séance plénière pour examiner la proposition de loi n°05/2025 portant interprétation de la loi d’amnistie n°2024-09 du 13 mars 2024. Un impressionnant dispositif sécuritaire a été mis en place allant Sandaga à l’Assemblée Nationale. Un calme total règne aux abords du Parlement quadrillé par les agents de police en prévision du démarrage ce 2 avril du vote de la loi interprétative de l'amnistie.
Les différentes voies menant à l'Assemblée nationale sont sous forte surveillance policière. Déployés en nombre, les policiers veillent au grain certains à bord de véhicules blindés. Chaque ruelle menant au centre-ville et au Parlement est contrôlée par au moins une dizaine de policiers alors que les éléments de la gendarmerie se chargent de l’accès et de la sécurité à l’intérieur du Parlement. Les forces de l’ordre, en état d’alerte, se préparent à d’éventuels rassemblements qui pourraient dégénérer en troubles à l’ordre public.

Le projet de loi est contesté par l’opposition et la société civile. Plusieurs figures de l’opposition ainsi que des organisations de la société civile ont déjà exprimé leur rejet catégorique de cette loi, la qualifiant de « passage en force » et de menace pour la démocratie. Des appels à la mobilisation ont été lancés, augmentant le risque de manifestations spontanées.

Convoquée par le président de l’institution, El Malick Ndiaye, cette session pourrait avoir des implications majeures sur les bénéficiaires de l’amnistie et sur d’éventuelles poursuites judiciaires.Déposée par le député Amadou Bâ du Pastef, la proposition de loi vise à clarifier le champ d’application de l’amnistie, notamment en ce qui concerne les infractions commises durant la période préélectorale de 2021 à 2024.

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Selon l’article 2 du texte, « sont amnistiés de plein droit tous les faits susceptibles de qualification criminelle ou correctionnelle ayant exclusivement une motivation politique, y compris ceux commis par tout support de communication, entre le 1ᵉʳ février 2021 et le 25 février 2024, tant au Sénégal qu’à l’étranger ». Toutefois, les actes liés à des manifestations ne sont couverts que s’ils répondent à cette même condition de motivation politique.