Un cabinet d'audit désigné pour une expertise de 60 jours
Le dossier du Prodac pour lequel Mamina Daffé et Ibrahima Cissé sont ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt prend une nouvelle tournure. Lundi dernier, 6 janvier 2025, le magistrat du Parquet financier a rendu une ordonnance désignant le cabinet d’audit et d’expertise (Adr) d'Abdoulaye Dramé, expert-comptable, afin d’effectuer une expertise dans un délai de 60 jours, renseigne L'OBS.
Ce que le juge demande à l'expert comptable
Cette expertise, selon la même source, "doit permettre de «déterminer si les activités des entreprises Tida et Itaa sont compatibles avec l’objet du contrat conclu en vue d’assurer le transit des équipements du Port de Dakar aux sites finaux ; les diligences faites tant par elles que par l’entreprise Itaa pour l’acheminement desdits équipements ; de produire toutes les factures validées et ayant donné lieu à un paiement ; procéder à une étude comparative de la tarification fixée sur ces factures à la tarification usuelle sur le marché, compris comme l’institution sociale abstraite où se rencontrent l’offre et la demande de biens ou de services".
Tout a commencé par une saisine de l'Agent judiciaire de l’Etat en date du 16 août 2024 pour enquête sur les deux personnes incriminées. Les enquêteurs de la Division des Investigations Criminelles (Dic) ont révélé, au sortir de leur investigation, que Mamina Daffé avait validé de fausses factures déposées par l’entreprise Tida.
Plus d'un milliard FCFA reçu alors que le marché a été réalisé à 673 millions FCFA
Une technique qui a permis à cette structure de se faire payer la somme de 1 319 992 512 FCfa, alors que le marché en question avait en réalité été exécuté par une société sous-traitante, Itaa, pour un montant de 673 873 773 FCfa, soit une différence de 682 118 742 FCfa au préjudice de l'Etat du Sénégal.
Mamina Daffé et Ibrahima Cissé ont été inculpés pour respectivement complicité d’escroquerie portant sur des deniers publics, blanchiment de capitaux et escroquerie portant sur des deniers publics, faux et usage de faux en écritures privées de commerce ou de banque, ainsi que blanchiment de capitaux, pour un préjudice évalué à 682 118 742 francs Cfa.
Ce que Mamina Daffé avaigt dit aux enquêteurs
Mamina Daffé, l’ancien coordonnateur du Prodac, a déclaré aux enquêteurs de la Cour des Comptes qu’il avait «reçu instruction du Ministère chargé de l’Emploi de faire passer ses marchés à travers le service de passation des marchés du Prodac».
Il a expliqué que le Prodac avait reçu une instruction du Cabinet du Ministre de l’Emploi, de l’Insertion Professionnelle et de l’Intensification de la Main-d’Œuvre, par correspondance n° 00500/Meipimo/SG du 11 mai 2018, de procéder au règlement de dépenses au titre de la gestion 2017 et à l’exécution de celles prévues en 2018 au bénéfice du ministère.