Comme en première instance, en 2022, la Cour d'appel extraordinaire du Tribunal pénal fédéral réunie à Muttenz (BL) n'a pas suivi les réquisitions du parquet, qui avait réclamé début mars 20 mois de prison avec sursis contre chacun des accusés. Elle a acquitté Sepp Blatter et Michel Platini "au bénéfice du doute".
Après quasiment dix ans de procédure, un ultime recours en cassation est encore possible devant le Tribunal fédéral, mais uniquement sur des motifs juridiques limités. Pendant quatre jours, le Français de 69 ans et le Suisse de 89 ans avaient de nouveau comparu pour avoir "obtenu illégalement, au détriment de la FIFA, un paiement de 2 millions de francs "en faveur de Michel Platini".

"Fausse facture"
Défense et accusation s'accordaient sur un point : le triple Ballon d'or a bien conseillé Sepp Blatter entre 1998 et 2002, lors du premier mandat de ce dernier à la tête de la FIFA, et les deux hommes ont signé en 1999 un contrat convenant d'une rémunération annuelle de 300'000 francs, intégralement payée par la FIFA.
Mais en janvier 2011, l'ancien milieu de terrain - devenu dans l'intervalle président de l'UEFA (2007-2015) - "a fait valoir une créance de 2 millions de francs", qualifiée de "fausse facture" par l'accusation. Les deux hommes martèlent de leur côté qu'ils avaient dès l'origine décidé d'un salaire annuel d'un million de francs, par un "accord de gentlemen" oral et sans témoins, sans que les finances de la FIFA n'en permettent le versement immédiat à Michel Platini.

Plus de 100'000 francs versés à chaque accusé
Dans son jugement, la Cour d'appel alloue 177'000 francs à Michel Platini pour ses frais de procédure. Quant à Sepp Blatter, il recevra 108'000 francs. Ces sommes seront payées par la Confédération. En outre, la FIFA est condamnée à verser 1500 francs à chacun des deux prévenus. Les frais de la cause - 131'000 francs - sont mis également à la charge de la caisse fédérale.
Réagissant au verdict, l'avocat de Michel Platini s'est dit satisfait de la confirmation de l'innocence de son client. "Il n'existe aucune preuve à charge qui puisse étayer l'accusation du Ministère public. Après deux acquittements, le Parquet doit lui aussi admettre que cette procédure pénale a définitivement échoué. Michel Platini doit enfin être laissé en paix."

L'avocat a aussi souligné les conséquences personnelles et professionnelles subies par son client, alors président de l'Union des associations européennes de football (UEFA). Ainsi, "la procédure pénale a empêché l'élection de Michel Platini à la présidence de la FIFA en 2016."